Esthétique d'un trader / Didier Vivien

Parutions

Editeur : Sens & Tonka

ISBN-13 : 978-2845342392 / Broché : 250 pages / Dimensions : 20 x 1,5 x 15 cm

Esthétique d’un trader est un essai sur l’art contemporain, élaboré à partir de l’œuvre de l’artiste américain Jeff Koons dont on ne retiendra ici que les initiales, les œuvres et les déclarations. « Ce sont les regardeurs qui font les tableaux », disait Duchamp. Dans le même ordre idée, on pourrait affirmer que ce sont les institutions, le marché et la critique autorisée qui font les artistes. Qu’aurait alors à proposer celui qui prendrait la liberté de ton et d’analyse pour aller au-delà des apparences et des évidences formelles, des sophismes et des discours convenus, si ce n’est un « essai de critique fiction» - puisque rien n’est vérifiable et que tout est sujet à caution dans l’ordre des sensations ? Il faut bien admettre que prêter des intentions aux objets d’art, leur faire dire explicitement ce qu’ils taisent ironiquement ou cyniquement, est un exercice à haut risque. Fort de la méthode «paranoïaque-critique» initiée par Salvador Dali, Esthétique d’un trader s’aventure dans le dédale des hypothèses et des analogies, des filiations et des ruptures, des héritages et des trahisons. Andy Warhol prétendait qu’il n’y avait rien derrière ses tableaux. Mon œil ! Que recèlent la statuaire métakitsch design plus de J.K. et le coût exorbitant de ses œuvres ? Que dissimule son monde enfantin, optimiste, cool et sympa ? Une autopsie s’impose. Les faits, les bibelots et les déclarations de l’artiste qui inspirent le propos, seront là pour démontrer que la «critique fiction» n’est, en définitive, pas très fictionnelle. L’œuvre de l’artiste-trader n’est qu’un fil rouge ; l’essentiel du propos porte sur les interactions entre économie, art et culture. Ceci étant, on ne va pas nous refaire le coup de la querelle des anciens et des modernes. Ni happy few, ni nostalgique, Esthétique d’un trader prend le parti d’une troisième voie, celle d’un gai savoir - car il faut bien vivre dans le luxe et la dégradation ambiante. La finance, la communication, le mainstream, etc., ont rendu la société néolibérale morose et oxymorique (le désenchantement enchanté, l’aliénation libertaire, le socialisme libéral, le cynisme convivial, la transgression normative…) Faudrait-il ajouter les œuvres d’art les plus courues à la liste des nuisances et des nourritures spirituelles frelatées ? Au terme du procès, ce sera au lecteur de juger.