Centre d'Étude des Arts Contemporains


Co-organisatrices : Mélissa Gignac & Mathilde Lejeune

 

Séminaire à l’UDL Le Jeudi de 16h à 18h, salle F0.13 (Maison de la Recherche), aux dates suivantes (semestre impair) :

 

  • 22 septembre 2022 Emmanuelle André (Université Paris Diderot) et Joséphine Jibokji (UDL-CEAC) 

Titre : "Façades : dessins et films" 

Résumé : Lors de cette communication sera présenté un chapitre de l’ouvrage en cours de rédaction intitulé « Au lieu du cinéma, le dessin », ouvrage sur les dessins préparatoires aux films. À partir des études de façades architecturales nous analyserons l’espace propre au dessin (en surface ou en perspective) et ses relations à l’espace du film.

 

  • 20 Octobre 2022 Carole Sandrin (Institut pour la photographie de Lille) et Émilie Goudal (UDL, lauréate de la bourse de l’Institut pour la photographie) 

Titre : « Dans l’œil d’Agnès Varda, entre photographie et cinéma »

Résumé : Cette intervention à deux voix propose d’examiner ce lien ténu, entre photographie et cinéma, qu’entretient Agnès Varda, notamment à ses débuts. Il mettra en balance l’accueil de son fonds photographique déposé à l’Institut pour la photographie en 2021 et la recherche initiée cette même année par Émilie Goudal autour de la production visuelle de Varda comme espace possible de résistance par l’image.

Agnès Varda (1928-2019), qui débute sa carrière artistique comme photographe dès 1949, s’affirme une décennie plus tard, en 1961, en tant que réalisatrice. Mondialement reconnue pour son travail cinématographique, le basculement affirmé vers la fonction de réalisatrice ne doit pas pour autant faire oublier ce que son œil de cinéaste doit à sa pratique et à sa relation à la photographie : tout à la fois genèse, mais aussi médium positionné tout contre sa pratique de cinéma. Depuis son premier film, La Pointe courte (1954), en passant par le documentaire en banc-titre Salut les Cubains ! (1963) et jusqu’à la série filmée Une minute pour une image (1983), cette présentation veut porter une attention particulière à la place de la photographie dans la filmographie de Varda. Entre mise en scène et mise en abyme, entremêlement et symbiose des médiums, l’œil de Varda se forge au sein d’une période de remise en question critique de l’image comme forme de résistance et où, selon les propres mots de l’artiste, « Les femmes prennent l’image » et suivent « tous les désordres et les charmes de la décolonisation ». 

Cette intervention s’inscrit dans le cadre du programme de soutien à la recherche et à la création 2022 de l’Institut pour la photographie – thème «  Image des résistances ».

 

  • 10 Novembre 2022 Guillaume Colpaert (UDL-CEAC) & Stylianos Kypraios (Université Sorbonne Nouvelle) 

Guillaume Colpaert (UDL-CEAC) :  

Titre : « Cinématographe, technique et idéologie : l’opérateur Gabriel Veyre en Indochine (1899-1900) »
Résumé : Entre 1899 et 1900, durant un séjour en Indochine, Gabriel Veyre (1871-1936) cinématographie trente-huit vues pour le compte de la société Lumière. En observant ce qu’il choisit de montrer ou au contraire de dissimuler, sa façon d’aborder son sujet et de construire son cadre, et, plus généralement, ses stratégies de mise en scène, nous chercherons à mettre en évidence les discours portés par ses images. En les interrogeant, nous verrons ce que celles-ci nous disent de la relation envisagée par Gabriel Veyre vis-à-vis des populations locales, et, dans ce contexte colonial, quelle forme de regard peut être portée par un dispositif cinématographique au contact du réel.

 

Stylianos Kypraios (Université Sorbonne Nouvelle) :

Titre : « La photographie de cinéma aux Etats-Unis (1896-1929) : naissance d'un métier du cinéma »

Résumé : En mobilisant une méthodologie au-delà d'une simple approche historienne, cette communication s'intéresse aux concepts de l'interactionnisme symbolique - de la sociologie des professions à la sociologie des groupes professionnels - pour revisiter la notion de l'équipe du film et étudier la naissance et l'évolution du métier de photographe de plateau et ses interactions avec les autres professionnels.

 

  • 1er décembre Ariane Carmignac (Université de Montpellier) 

Titre : « Regard(s) caméra. Le cinéma réfléchi par l’Archivio Graziano Arici »

Résumé : Parmi les milliers de portraits réalisés par le photographe Graziano Arici, ou par lui collectés, l’étude de plusieurs dizaines de portraits, inédits, de metteurs en scène que son archive contient (Wim Wenders, Tinto Brass, Werner Fassbinder, Marco Ferreri, Michelangelo Antonioni, Luchino Visconti, Nanni Moretti, Abbas Kiarostami, Ken Loach, Takeshi Kitano, Martin Scorsese, mais encore Orson Welles, René Clair, Jean Renoir, et tant d’autres), est l'occasion d'analyser ce qui se joue dans cet exercice imagé de « visite au grand homme[1] », et, partant, dans la constitution même de l'archive photographique, dans l’écriture de son programme : une fresque (im)mobile ? Et de saisir à l’œuvre, nécessairement, un jeu de regards réflexifs, voire une rencontre entre deux arts de la pratique de l’image. Photographier les metteurs en scène et les acteurs et actrices du temps présent, en retenir la mémoire : ne serait-ce pas se livrer au vertige qui consisterait, quelque peu, à donner visibilité à l'archive de l’archive, et à mettre en lumière les coulisses de la création visuelle ?...

 

[1]. Voir Olivier Nora, « La visite au grand écrivain », in Pierre Nora dir., Les Lieux de mémoire [1986], t. II, 3, Gallimard,1997, p. 563-587.