Axe 2 Gestes, corporéités, sociétés

coordination : Marie Glon, Bianca Maurmayr & Ariane Martinez

Les chercheurs·ses investi·e·s dans cet axe considèrent le corps comme le lieu d’une redéfinition de l’expérience sensible, par des approches variées, issues de l’histoire de l’art, des arts plastiques, des arts de la scène, des arts performatifs et chorégraphiques, mais aussi de la musique et du cinéma. En abordant l’art du point de vue du geste et de la corporéité, ce sont les enjeux relatifs à l’expérience par le corps, la puissance identificatoire des gestes, le rôle des représentations et de l’imaginaire dans l’avènement d’une corporéité qui surgissent comme autant de questions tout à la fois esthétiques, politiques et sociales. Partant du principe que « l’identité est produite par les gestes mêmes qui entendent la libérer. », on s'attachera dans cet axe aux formes de mouvements et de corporéités qui se trouve à l'intersection de l'art et de la société, et qui tendent à remettre en question certaines normes de comportement : pratiques "en amateur", militantes, gestes artistiques faits dans des lieux ouverts (rue, foire, bâtiments publics, etc.)

Enfin, l’un des objectifs des travaux engagés dans le cadre de cet axe réside dans la capacité à considérer l’expérience sensible comme outil heuristique et à expérimenter des formes de recherche moins canoniques que la conférence académique ou la publication scientifique Il est notamment prévu de poursuivre le développement de formes de communications alternatives et de s’attacher à penser leur potentiel, leurs enjeux spécifiques et la façon dont ces modalités de transmission interrogent la recherche universitaire : conférences dansées, théâtralisées ou conférences-performances, webséries. Il peut s’agir, selon les cas, de propositions de médiation, de productions artistiques théorisées ou encore d’œuvres intégrant un contenu théorique, présentées soit dans le champ académique soit dans le milieu de l’art. L'invitation régulière d'artistes en résidence permettra aussi de nourrir cet axe. 

 

Les recherches engagées dans ce cadre permettent ainsi :

 

  • de réfléchir aux liens entre gestes réels et gestes figurés en tentant de mesurer ce que les corps vivants font aux images et, réciproquement, ce que l'image fait aux gestes ;
  •  d’explorer la complexité des processus d'« incorporation » et « d'incarnation » ;
  • de réfléchir aux « corporéités du passé », à l’usage des systèmes notationnels du geste et aux projets de transformation des corps par les techniques (danse, cirque, arts martiaux, pratiques somatiques, etc.…) ;
  • d’envisager la dimension corporelle de la psyché ;
  • d’interroger les notions de performance et d'états de corps ;
  • d’approcher la chair et l’animalité ; d’aborder la capacité du geste à imprégner les images de ses qualités en particulier rythmiques…
  • de retrouver la trace d'artistes du passé (en particulier féminines) qui ont été oubliées ou peu explorées et de mettre en valeur leurs trajectoires, leur geste artistique et leur pensée.
  • d’explorer des formes de cultures du corps individuelles ou collectives, en lien avec les pratiques d’auto-soin, avec des formes de militances et d’engagement incarnées, et/ou dans des contextes de reconfiguration sociale (la fin de l'interdiction de danser après la Seconde guerre mondiale par exemple). 

 

Les programmes suivants s’inscrivent dans cet axe :


 1.Didier Eribon, Réflexion sur la question gay, Paris, Flammarion, 2012 [Fayard, 1999], p. 230-231.